Buenos Aires - l'agression qui change tout
Carnet de Bord -
Argentine
Dimanche, 14 Février 2010 16:20
Mise à jour le Mardi, 16 Février 2010 21:23
Écrit par Delphine
Je prends mon courage à deux mains, je me lance pour vous expliquer ce qui s’est passé hier après-midi. Cette histoire encore fraîche n’est pas facile à raconter, le choc est encore vif...
Samedi 13 Février, 13H : Nous décidons de nous rendre à la Bombonera, le stade de la Boca, afin de nous renseigner sur le prix des billets pour un match de football (apparemment, l’ambiance d’un match de football argentin est vraiment exceptionnelle, nous voulions y être témoins pour confirmer ces rumeurs). Nous arrivons donc sur place et nous rendons compte que la billetterie est fermée aujourd’hui… Le musée et la boutique de souvenirs de la Bombonera étant juste à côté, notre curiosité nous fera passer une demi-heure à flâner dans les rayons du magasin. Nous quittons ensuite les lieux pour nous diriger vers le bus public. Nous marchons quelques pas dans une rue large et plutôt animée, quand, tout à coup, tout s’accélère…
14H12 : Je sens deux mains m’attraper par les épaules avec force et détermination. Je ne comprends rien, je me dis que c’est peut-être une des cinq connaissances que nous avons désormais à Buenos Aires. Quand finalement, je vois sous mon cou une lame de couteau. Je panique, je crie, je tombe par terre et surtout j’empoigne les deux bras qui m’entourent avec autant de force que possible afin d’éloigner le couteau le plus possible de ma gorge. Tout va très vite, ni Maxime ni moi n’avons le temps de comprendre ce qui nous arrive. Maxime est à côté de moi, il me voit menacée par deux jeunes d’une vingtaine d’année qui lui crie « el dinero, el dinero »… Une passante d’une quarantaine d’année, témoin de cette scène, appelle à l’aide de toute sa voix « Polizia, Ayudala, Polizia ». Maxime donnera tout de suite son porte-monnaie d’appoint (où nous mettons toujours une petite somme d’argent). Toujours menacée et en « otage », on lui demande ensuite « tu mochilla, tu mochilla », cette fois ils veulent le sac à dos que Maxime porte sur l’avant, collé à son torse. Maxime donnera le sac sans chercher à comprendre. Leur butin obtenu, ils me lâcheront par terre et fuiront en courant. La dame qui a tout vu nous dit tout de suite de courir à leurs trousses. Mes jambes coupées par la peur et ne comprenant toujours pas ce qui vient de se passer, je reste immobile et tremblante. Maxime veut les rattraper mais ne se voit pas me laisser seule après cet incident si soudain. (Finalement, avec le recul, nous avons mieux fait de ne pas les suivre, ils avaient un couteau et semblaient bien connaître le quartier, que se serait-il passé si leur bande de quartier les attendait à quelques cuadras d’ici).
14H17 : La dame nous dit qu’elle sait où ces jeunes habitent, elle nous indique la rue de leur immeuble. Puis, je lui demande leurs noms et prénoms, elle commence à se rendre compte qu’elle s’est peut-être un peu trop mouillée dans cette histoire et préfère alors ouvrir le portillon de sa résidence en nous indiquant le commissariat. A la manière de deux robots (nous faisons tout par automatisme, toujours sans réaliser ce qui vient de nous arriver), nous nous précipitons au commissariat situé à 100 mètres dans la même rue du lieu de l’incident.
Nous leur expliquons tout de suite ce qui vient de se produire, le vol, le couteau, les menaces. Ils ne semblent pas très réactifs. Ils prennent note de l’incident et nous demande de patienter sur un banc. Pas d’accord, j’insiste en leur disant que cela vient juste de se passer il y a 3 minutes, que les jeunes étaient à pied et qu’ils couraient dans telle direction. Je leur demande donc de partir immédiatement à leur poursuite en leur précisant deux fois de suite qu’ils sont là, tout près et que c’est encore possible de les rattraper. La nonchalance des officiers nous désespèrera… ils nous montrent deux sièges en nous disant qu’ils vont voir… (voir quoi ? il y a juste à courir bon sang)… nous bouillons de rage, de colère et d’incompréhension. Je commence à me poser et alors je réalise ce qui vient de se passer… Les scènes de l’incident défilent dans ma tête, je me mets à relâcher toute cette peur et à pleurer. Une femme de la salle d’attente me tend quelques minutes plus tard une boisson gazeuse bien fraîche qu’elle venait d’acheter spécialement pour moi, pour faire certainement passer cette boule de tristesse que j’avais dans la gorge (Maxime et moi se disons alors qu’il y a quand même pas que des canailles sur Terre, il y a aussi des gens biens).
14H30 : C’est seulement 10 minutes plus tard, que deux officiers viennent vers nous en nous demandant si nous croisons les deux voleurs, est ce que nous les reconnaîtrions ? Maxime acquiesce, il les a vu de face et les reconnaitrait très bien. La police nous propose donc de faire un tour en voiture afin de les croiser… (pfff, nous nous disons tous les deux au fond de nous : ils ont eu 10 belles minutes pour se planquer, bien sûr que nous ne les croiserons plus… c’est peine perdue…). En effet, nous passerons alors 15 minutes dans les rues de la Boca à chercher l’introuvable… Nous passerons alors devant un jeune d’une douzaine d’années qui a tout vu, du début à la fin. On demande aux policiers de s’arrêter pour l’interroger. Ces derniers nous expliqueront que la loi argentine nous interdit de prendre pour témoin un mineur. Ce garçon savait tout mais nous le laisserons donc dans son silence… quelle fichue loi… Le peu d’intérêt des officiers, leur manque d’énergie et de volonté à nous aider nous désespérera. Après avoir perdu un quart d’heure, nous rentrons au bureau pour faire notre déclaration de vol. Il nous a fallu 3H pour déposer plainte… 3H à regarder un officier taper sur son clavier comme un novice, à répondre aux questions puis à enfin pouvoir signer ce bout de papier. 3H !!! Pendant ce temps, notre carte bleue est dans la nature, le passeport de Maxime aussi… On s’organise déjà pour répertorier la montagne de démarches qu'il nous reste à faire.
17H45 : Nous demandons à la police s’ils peuvent nous aider à rentrer à notre auberge de jeunesse, nous ne recevrons aucune aide de leur part. Nous n’avons plus un seul peso argentin en poche, nous sommes à 4km de l’auberge, mais pas une once de compassion ni de volonté de nous aider. Nous nous dirigerons alors vers l’arrêt de bus dans l’espoir de tomber sur un chauffeur de bus sympa et compréhensif. Un bus en direction du centre ville arrive 2 minutes plus tard, le chauffeur nous propose de monter dans son bus avec beaucoup de sympathie à notre égard.
18H : La course aux démarches administratives est lancée. Pas le temps de nous apitoyer sur notre sort. Nous contactons banque et assurance.
20H : Nos 3 amis français (rencontrés à l’auberge) sont vite au courant de cet incident et nous invitent alors à partager une bière, saucisson et fromage histoire de nous remonter le moral. Nous passerons la soirée en bonne compagnie mais, traumatisés, nous serons là sans être là (la tête ailleurs, préoccupés).
Nous sommes aujourd’hui dans l’attente de l’appel de notre banque afin de recevoir de l’argent et une carte de crédit de dépannage. Nous avons perdu entre autre, carte de crédit, passeport de Maxime, appareil photo, couteau de voyage, lampe frontale et tous nos pesos argentins. Notre vol pour Ushuaia étant mardi, nous allons devoir le décaler ou l’annuler et prolonger notre séjour à Buenos Aires afin de faire toutes les démarches…
A tous les voyageurs qui nous lisent, redoublez d'attention partout où vous allez et surtout soyez prévoyants TOUS les jours. Car, par malchance, le jour où nous avons été volés était LE seul jour depuis le début du voyage où nous n'avions pas laissé nos espèces à l'hôtel par peur d'être volés.
En tout cas une chose est sûre, notre voyage sera différent à partir de maintenant.
On a même songé à tout abandonner...
Lectrice de vos aventures, je pense bien à vous.j espère que cette malheureuse
expérience est derrière vous... Pour avoir voyagé un mois seule en argentine en
2005 j etais tres etonnée de voir que vous vous soyez faits agressés à la boca,
tres touristique, mais effectivement, qui craint....
bravo pour ce que vous faites en tt cas!
En ce qui me concerne, nous partons avec mon ami un moi en perou bolivie en mai.
votre blog va nous permettre d avoir quelques infos :-)
a bientot et bon courage pour les malheureuses peripeties passées et les
heureuses qui arrivent au bout du monde
aurelie